

Black Diaspora Visual art
National Art Gallery committee- National Cultural Foundation of Barbados – International curators forum – Arts Council of England – Aica Caraïbe du sud
Le programme du symposium Black Diapora Visual Art qui s’est déroulé au Collymore Hall à Bridgetown ( Barbade ) les 13 et 14 février 2009 comportait des conférences, des débats, des présentations de films et des expositions.
Les points débattus par les intervenants s’articulaient autour de quatre thématiques:
La première table ronde était consacrée à une discussion autour de l’analyse de Stuart Hall Black Diaspora Artists in Britain : ‘Three Moments’ in Post-war History et de la réponse de Georges Lamming – Modérateur David Bailey
David A. Bailey, MBE, promoteur de cet important évènement est l’un de ceux qui a donné vie à ce projet. Dans sa présentation des différents conférenciers et tables rondes, il a été constamment attentif à la précision et à la cohérence des débats. Il en a été de même pour l’organisation matérielle du séminaire durant ces deux journées.
Alissandra Cummins, Présidente du National Art Gallery committee, Jeanine Comma, Steve Blackett, Ministre de la Culture et du développement, David Bailey, de l’International Forum Curators ont prononcé les allocutions d’ouverture.
Stuart Hall, écrivain, théoricien de l’art, Professeur émérite, Open University de Londres a insisté, dans son entretien avec David Bailey, projeté en vidéo, sur les différentes générations qui ont façonné l’art de la diaspora afro-caribéenne d’aujourd’hui. Son analyse portait en partie sur la nouvelle génération d’artistes de la diaspora du Royaume – Uni dont le travail repose sur le corps: Concernant le corps, le discours racial a depuis longtemps entrepris la tâche de réduire systématiquement l’histoire à la biologie, la culture à la nature.L’œuvre de Keith Piper illustre parfaitement cette théorie avec la représentation du corps masculin pour, à la fois, définir l’identité et dénoncer le racisme.
De jeunes plasticiens comme David Bailey, Sonia Boyce ,Keith Piper, Eddie Chambers et des écrivains comme Sam Selvon, Andrew Salkey, Roger Mais, Georges Lamming ont contribué à souligner l’existence d’une Caraïbe plus affirmée dans une Grande-Bretagne d’après-guerre plutôt réticente.
George Lamming a évoqué les générations précédentes qui avaient tracé la voie, notamment le Black Artists movement Il a souligné l’activité de la jeune et brillante génération actuelle et aidé ainsi à mieux comprendre l’évolution des arts visuels depuis l’arrivée des premiers émigrés dans les années cinquante jusqu’à sa difficile intégration dans ce nouveau monde.
Il revient également sur l’utilisation du mot Black, rappelant les attitudes de certains à l’époque qui bégayaient avant de prononcer le mot ‘Noir’. Cela provoque quelques sourires dans l’assistance.
Lamming n’oublie pas de souligner le rôle des femmes artistes qui n’étaient pas si nombreuses il y a quelques années
La seconde table ronde s’articulait autour de la question de l’esthétique caraïbe au XXIème siècle – Modérateur Allison Thompson, National Gallery Committee
Veerle Poupeye, d’Edna Manley College of the Visual and performing Arts de Jamaïque a retracé les débats et polémiques nés au sein du public jamaïcain autour de la constitution de la collection de la Galerie Nationale de Jamaïque.
Krista Thompson, de la Northwestern Univerisity de l’Illinois a analysé la pratique des manifestations de promotion, les Proms, comme expressions culturelles et performances en relation avec les festivités du Jonkonnou. De jeunes couples paradent dans les rues en tenues de soirées relevant de la bling culture, faussement photographiés comme des célébrités dans une sorte de happening. De telles démonstrations publiques semblent proches des pratiques carnavalesques de Trinidad.
Leon Wrainright, de la Manchester Metropolitan University, spécialiste de la migration, des réseaux mondiaux de transmission culturelle – en particulier l’histoire commune transatlantique, intitule ainsi sa communication ‘Art et Génération dans la Caraïbe Transatlantique.
Des revues caribéennes aident le public à mieux comprendre les pratiques artistiques. Ainsi, par exemple, Small Axe, une revue critique, dont le rédacteur en chef est David Scott de la Colombia University, qui est intervenu par ailleurs dans la table ronde numéro 1, à propos de l’échange entre Stuart Hall et George Lamming et qui a clôturé les travaux du séminaire par une synthèse remarquée.
The Caribbean revue of books, édité à Trinidad, dirigée par Nicholas Laughlin, présente les ouvrages parus dans la région. Christopher Cozier, plasticien de Trinidad, est l’un des contributeurs de cette revue. Sa communication, a éclairé l’auditoire sur l’expérience trinidadienne, notamment celle du Centre d’art CCA7 et du projet Galvanize.
Parmi les différentes expositions, la présentation de plusieurs vidéos a retenu l’attention. Un dialogue entre Kara Walker et Teka Selman a permis une approche de l’œuvre de Kara Walker, jeune vidéaste afro-américaine, diplômée 1991 de l'Université d'art d'Atlanta (BFA) et en 1994 de l'Ecole de design de Rhode Island (MFA). Elle utilise des papiers découpés et des marionnettes animées à l’aide de ficelles ce qui donne à ses films courts l’aspect de films anciens, des films muets du début du cinéma. Elle y met en scène l’esclavage, la violence, le viol, les noyades. Aux questions concernant la fonction de son œuvre, Kara Walker répond La vidéo fonctionne comme un récit, une narration en forme de témoignage sur les atrocités commises.
La vidéo apparaît comme un des aspects majeurs des arts visuels caribéens du vingt et unième siècle à travers les propositions de Sheena Rose, Town-vidéoanimation 2009. La vidéo d’Ewan Atkinson et Ingrid Persaud, Starman in flight, 2009, a eu également du succès et le public était invité à essayer le costume de Starman. Au siège du Parlement, sur trois écrans, l’installation vidéo de Gary Stewart et Trevor Mathison, rappelle et commémore l’histoire de Barbade alors qu’Ingrid Pollard évoque l’émigration de sa famille dans Belonging to Britain. Joscelyn Gardner, dans son installation vidéo dans l’espace public Words , just words, projection sur la porte d’entrée de la bibliothèque publique de Bridgetown, questionne le poids des mots dans l’ univers colonial et propose de purifier le lieu symboliquement – des trombes d’eau lavent la porte de manière répétitive – L’artiste provoque une collision entre deux textes de nature et d’époque différentes : celui de Richard Ligon (1657) et celui de NourbeSe Philipps ( 2008)
La troisième table ronde analysait les expériences passées, les modèles institutionnels et les perspectives – Modérateurs, Lowery Sims, Directrice du Museum of arts and design de New – York et Richard Powell , Duke University of North Carolina
Dominique Brebion, Présidente de la section Caraïbe du Sud de L’Association Internationale des Critiques d’Art évoque la situation particulière des régions francophones minoritaires au sein d’une Caraïbe fragmentée, géographiquement, politiquement, économiquement et culturellement ainsi que les différences qui président à la formation de la diaspora afro-caribéenne britannique et française, leurs conséquences sur le milieu artistique. Elle retrace l’histoire des arts visuels de Martinique après 1945 en relation avec les concepts de négritude, créolité, créolisation. Sa présentation du contexte institutionnel trouve un écho dans celle d’Erica James, Directrice de la Galerie Nationale des Bahamas, qui décrit les institutions qui rendent possible la diffusion de l’art dans sa région. L’histoire de la statue sans tête du Prince Alfred n’est pas sans évoquer celle de Joséphine de Beauharnais. L’engagement politique ou citoyen reste présent de nos jours. Ainsi, Caroline Holder, une des artistes féminines exposant son installation Homeland Insecurity, 2006 dans la Grande Salle inclut dans son travail les attitudes paranoïaques apparues après les attentats du 11 Septembre. Son installation reflète le sentiment de suspicion et d’hostilité latente qui marque ce siècle.
Paul Domela, Directeur de la Biennale de Liverpool a insisté sur le rôle des biennales internationales pour attirer l’attention de la critique ainsi que sur la nécessité pour Liverpool,
ancien port de départ des bateaux négriers, à s’animer davantage. Le rôle des évènements artistiques a été également évoqué par Andrea Wells, de la National Cultural Foundation of Barbados, qui a proposé une lecture très critique de la Carifesta et encouragé cependant à conduire de tels évènements en dépit des difficultés.
Un circuit de plusieurs expositions au cœur du Centre ville a ensuite été proposé : The Road to Many: Towards a genealogy of Barbadian Art’ in Queen’s Park Gallery and Zemicon Gallery, présentant deux générations d’artistes barbadiens. Les femmes artistes ont bénéficié d’une belle représentation : Indrani Gall’s et son installation interactive à la General Post Office. Gail Pounder-Speede, Alberta Whittle et Aurelia Walcott ont exprimé identité et féminité sur différents supports.
Alfredo Jaar, a présenté ensuite quelques unes de ses dernières interventions publiques conçues en réponse au contexte, toujours engagées, réalisées à travers le monde, The cloud 2000 à San Diego, à la frontière entre le Mexique et les Etats – Unis, A logo for America 1987 à New – York, One million Finnish passports 1995 en Finlande, Lights in the city 2005 au Canada, The Skoghall Kansthall 2000, en Suède, The Rwanda Project 1994-2000.
SUZANNE LAMPLA





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